Se souvenir autrement
Le 2 novembre, le monde ralentit un peu plus. Ce n’est pas un jour triste, pas vraiment. C’est un jour pour se souvenir, pour déposer une pensée comme nous déposons une fleur : doucement, avec gratitude.
En France, nous appelons ce moment “le jour des morts”. Il a lieu de lendemain de la Toussaint (tous saints et fête catholique), ce jour où nous fleurissons les tombes, où les cimetières se couvrent de chrysanthèmes. Moins développé que cette dernière, les deux sont souvent confondus et mélangés.
voir l’article de la Toussaint : https://www.ame-en-bulle.fr/toussaint-2025/
C
eux que nous avons aimés et que nous avons perdus ne sont plus où ils étaient, mais ils sont partout où nous sommes. – Victor HUGO
Dans d’autres cultures, ce même jour est une fête. Le rapport à la mort ne se vit pas de la même façon.
Au Mexique, ils célèbrent “El Dìa de los Muertos” : les maisons arborent bougies, musiques, photos, gourmandises sucrées. Des histoires sont racontées, des chants, des danses exécutées. Des autels colorés, les plats préférés des défunts, tout est fait pour sentir leur présence dans la joie. Tout ça pour que la mort devienne présence et non absence, la mémoire y est vivante. Ils continuent de vivre à travers les vivants.
En Italie, c’est “Il Giorno dei Morti”. Pour eux, la nuit du 1er au 2 novembre, les défunts reviennent visités la maison. Un peu de nourriture est alors laissée sur la table pour qu’ils sachent que nous pensons à eux.
Au Japon, “Obon” est plutôt l’été, avec lanternes pour guider les esprits, des danses, des réunions de famille devant l’autel familial. La mort n’est pas rupture là-bas, le lien continue, juste autrement.
En Pologne, le 1er novembre, les cimetières brillent de milliers de bougies. Les gens marchent en silence parmi les tombes éclairées, le recueillement se fait en lumière.
En France, cela est plus subtile. Allumer une bougie, revoir les albums de famille, relire les lettres anciennes, écouter une musique, nous faisons la même chose mais pudiquement, nous invitons le temps d’un instant la mémoire à s’asseoir à notre table.
Le sujet de la mort en France est souvent tabou. nous sommes souvent démunis face à elle.
J’aime croire que ce jour-là, le monde devient passage. Que les vivants et les morts se côtoient, discrètement, dans des murmures, dans des attentions chaleureuses.
Alors, le 2 novembre, ne soyons pas tristes. Souvenons-nous. Pour remercier. Pour continuer cette reliance. Il n’y a pas que les tombes de fleuries, nos cœurs le sont aussi.
L
e souvenir, c’est la présence invisible. – George SAND
Parce qu’au fond, se souvenir, c’est aimer encore, à nous de le vivre comme quelque chose de chaleureux et non en une souffrance perpétuelle.
Changeons notre vision sur le deuil. Même si cela reste une épreuve difficile.
Le deuil n’est pas une coupure, c’est un passage.
Des gestes simples peuvent l’aider à lui donner sens. En prenant le temps nécessaire incombant à chacun. Se souvenir que le défunt voudrait que nous profitions de ce que lui ne peut plus et le faire vivre à travers nous.
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